J’ouvre mon ordinateur, j’ai la boule au ventre, j’ai peur de la page blanche. Mes pensées sont brouillées, perdues dans un brouillard, je broie du noir. Freelance, moi ? Je flippe. Où sont mes compétences ? Sont-elles parties en vacances en ce mois de juillet ? Me laissant seule, angoissée, sur le canapé…
Voilà quelques vers pour présenter ce que vous connaissez peut-être, mais que vous peinez à identifier… le syndrome de l’imposteur et/ou de l’impostrice. On entend ce terme mystérieux un peu partout, mais on ne sait pas toujours ce qu’il signifie. Alors aujourd’hui, dans ce premier article « en confit dense », j’aborde le sujet avec confiance.
Confit dense : Au gré des saisons, je fais confire mes pensées pour mieux les conserver. Une interrogation, une réflexion : j’étale sur le papier les mots qui m’ont interpellé.
Imposteur, en bonne poétesse, je dirais tout d’abord que ce mot rime avec peur. La peur de se lancer, de se faire confiance, d’oser avancer et aussi, d’échouer. Et paradoxalement, c’est aussi la peur de réussir, de s’autoriser à être pleinement fier·e de ce qu’on est capable d’accomplir. C’est un sentiment d’insécurité, de doute face à ses propres compétences, à sa valeur. On se dévalorise, et cela devient alors notre plus grande hantise.
Ce texte est donc là pour vous rassurer, car même si la plupart préfèrent taire leurs insécurités, ce serait mentir de dire qu’ils n’ont jamais été touchés.
Je vous partage donc une anecdote de fin d’année :
Il y a quelques mois, j’étais en stage en journalisme dans la magnifique ville de Malaga.
Écrivant pour Le Petit Journal Andalousie, j’étais chargée de me rendre à différentes conférences de presse. Et comme il y a un début à tout, c’est fébrile que je me suis rendue à ma première conférence de presse… en espagnol.
J’ai un bon niveau d’espagnol, même quand il était un peu rouillé, j’ai toujours essayé de continuer à le pratiquer.
Lors de cette conférence, qui se tenait au Musée Russe de Malaga, je devais interviewer l’artiste photographe Alisa Sibirskya. J’ai donc préparé mes questions la veille, sur un petit carnet. Le jour J, j’avais les mains moites et la gorge serrée… mais qu’est-ce que j’étais heureuse d’être ici, en Espagne.
« Est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que je ne vais pas bégayer ? » voilà les nombreuses questions qui me taraudaient.

Après une visite de l’exposition, je me suis assise au premier rang de la salle de conférence, pour être certaine de pouvoir poser mes questions. Ça parlait vite, très vite et en Andalousie, on avale les s. J’avais le cerveau en feu mais j'étais contente de réussir à comprendre tout en prenant des notes en français.
L’échange se clôt plus vite que prévu, je n'ai pas eu le temps de poser mes questions. J'ai alors pris mon courage à deux mains et me suis dirigée directement vers l’artiste. Quelques mots échangés, et nous voilà en tête-à-tête pour réaliser mon premier interview en espagnol. Je trébuche sur quelques phrases, je lui explique avec une pointe de timidité que je suis un peu impressionnée. Et elle me sourit avec tant de chaleur… que j’en oublie ma peur.
15 minutes d’échange, des rires, et un bel article à écrire. J'avais peur de m'emmêler les pinceaux, de ne pas réussir ce premier interview sur la péninsule ibérique. Cette anecdote qui peut paraître anodine est enfaite le symbole de ce que peut représenter le syndrome de l'imposteur. Douter sur des capacité d'ores et déjà existante et toujours chercher la perfection alors que la beauté se trouve plutôt dans l'imperfection (j'aurai l'occasion de vous reparler de cela prochainement). Alors pour cet été pas de devoir mais des conseils lecture qui m'ont aidé à dompter petit à petit mon syndrome d'impostrice.
>>> Imparfaits, libres et heureux : Pratiques de l'estime de soi, de Christophe André

>>> Le syndrome d'imposture, pourquoi les femmes manquent tant de confiance en elle ?, de Élisabeth Cadoche et Anne de Montarlot

Bien évidemment je suis encore loin de m'être totalement débarrassée de cette ombre qui me fait douter, mais écrire sur ce sujet et en quelque sorte un pied de nez à cette voix qui bavarde encore trop de fois.
Et pour découvrir mon article sur Alisa Sibirskaya c'est juste ici.
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Bonne lecture !
Charlotte Marchand